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Je viens d’un pays de vaches, en montagne. Pendant longtemps, je ne les voyais pas, ou plutôt, je les regardais mal. Et puis, un jour, la révélation. Elles me sont apparues comme des déesses. Elles donnaient naissance au paysage.

 

Rencontre aimante au creux d’une combe. Leur visage, leur curiosité timide, leur souffle, le foin bruyant entre leurs dents. La progression du troupeau lente et sûre.

 

Plus tard, j’eus la grande chance de partager ma maison avec une vache, puis deux. Tout ce qui émanait d’elles était forcément sacré. J’ai commencé à utiliser leur bouse pour leur rendre hommage, les poursuivre. Leur donner la parole ?

 

Après quelques années d’expérience, j’affirme que la bouse est un matériau et je le conçois comme lien entre l’animal et nous. Je suis mille fois reconnaissante aux vaches. Et à ceux qui ont su les accompagner depuis des millénaires.

 

Vaches et humains ont déjà une longue histoire partagée. Si celles-ci n’ont pas le titre de noble conquête de l’Homme, elles méritent bien notre respect. La vache, qui, en paix et en silence, assume son utilité.

 

 

>>> extrait du documentaire "La Fabuleuse histoire des excréments"